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Suite des Randonnées

Ermitage de Trinité L'Hermitage de Trinité

PLAGES DE.....

- Cala grande
- Crique des îlots deCala di fazio
- Calanque de Bonifacio: aprés le passage devant la gueule du "Stragonato", dragon.
- Passage du Cap Pertusato
- Cala di Ciappili ( le tour de l'île Piana et sa réserve ornithologique)
- Cala Longa
- Iles Lavezzi est une réserve naturelle inhabitée

Texte ci-dessous extrait de l'Itinéraire 5

"Guides naturalistes des côtes de France, LA CORSE".
De Marcel Bournérias-Charles Pomerol-Yves Turquier avec la participation d'Alain Gauthier de l'éditeur "Delaraux et Niesté".



De l'ermitage de la Trinité en passant par Cala di Paraguano,Cala di Fazzio

Descendre à l'ermitage de la Trinité dont la route d'accés se détache de la N 196 à 5 Km à l'ouest de Bonifacio, 500 m avant le col d'Arbia.
Le monastére est adossé à un pointement granitique fortement diaclasé et taffonisé.Aux abords de l'ermitage, on domine de 200 m le plateau calcaire miocéne de Bonifacio, véritable causse situé à une altitude de 80 m profondément découpé en gorges envahies par la mer (rias).Par temps clair, au-delà des Bouches de Bonifacio, on aperçoit la Sardaigne.Le site de la Trinité est un haut lieu de la flore corse: l'on se gardera de récolter toute plante que l'on n'aurait pas formellement identifiée comme espéce répandue.
C'est là en effet que fut découcerte, en 1965 (J.Vivant), une rare Orchidée méditerranéenne, inconnue jusque-là dans la flore française, Gennaria diphylla.
Déjà, au début du XIXe siécle, Asplenium obovatum fut identifié ici pour la première fois; il est toujours présent sur les rochers, avec deux autres fougères du genre Cheilanthes que la sagacité des spécialistes actuels a su reconnaître.
Les fissures terreuses au sein du chaos granitique sont abondamment fleuries, en mai, par les Genêts de Corse ( Colicotome villosa, légumineuse aux rameaux velus abondante dans le maquis côtier à la différence du colicotome commun C. spinosa) et par un Ail blanc à fleurs étoilées (Allium subhirsutum).
Les replats granitiques couverts de sable ont leur flore habituelle de plantes annuelles, vite desséchées, notamment les petits Tréfles et les Sédums.S'y ajoute une foule de Graminées discètes, dont certaines sont d'insignes raretés.
Dans les petites cuvettes où s'accumule de la matière organique rendue humide par les pluie hivernales (conditions édaphiques) comme en Bretagne on retrouve l'Ophioglosse du Portugal, des Romulées avec un Isoète, plante apparentée aux végétaux de l'ére primaire, voisine des Fougères mais aux feuilles étroites simulant celles des Graminées.
Autre végétaux singuliers: la plus petite plante terrestre du monde, Crassula tillaea, en colonies rougeâtres comptant des milliers d'individus et le Tréfle enterreur (Trifolium subterraneum) enfouissant ses fruits dans le sol à la façon des Arachides.La coexistence, en Corse comme en Bretagne, de toutes ces espéces illustre l'effet sur le tapis végétal de conditions écoligiques strictement déterminées.

Bien entendu, les différences climatiques ne sont pas négligeables, et expliquent l'enrichissement de ces milieux en espéces des régions les plus chaudes d'Europe, comme le minuscule et précose Allium chamaemoly.Fleurissant en hiver, il est invisible dés avril (seul subsiste son bulbe dans le sol). D'autres Liliacées bulbeuses attendent pour fleurir les pluies de l'automne: avec la Scille à feuilles arrondies (Scilla obtusifolia), d'autres sont de grandes raretés, menacées par le piétinement diffus des touristes.
Au sein du maquis voisin, à flore classique, on pourra comparer les deux Cytinets, l'un parasites des Cistes à fleurs blanches (Cytinus hypocistis) l'autre des Cistes à fleurs roses (C.ruber). De petites sources sont marquées par une végétation particulière: sous les grandes touffes divergentes du Jonc aigu, accompagné par un Carex méditerranéen peu fréquent (C.hispida), fleurit en été une petite Gentianacée à fleurs jaunes en étoile (Blackstonia serotina).

A partir du port de Bonifacio

En montant vers la vieille ville, les pentes herbeuses sous les remparts sont colonisées par les buissons argentés et aromatiques de l'Armoise arborescente ("Chiba" que les arabes utilisent pour faire leur thé en hiver à la place de la menthe). Au col saint-Roch, on domine une partie des falaises calcaires où poussent en plien vent chargé d'embruns, du Crithme et de la Soude arbustive (Sueda vera).Du col, un escalier permet d'atteindre la base des falaises surplombantes, dominant d'énormes blocs éboulés dont le "grain de sable".

On a alors le choix entre deux tracés différents:
Le premier, à droite, descend vers l'ouest conduit au pied du vertigineux escalier du roi d'Aragon.La flore dispersée le long du sentier est surtout remarquable par la présence d'une FicoÏde, plante d'affinités tropicales, Mesembryanthemum cristallinum.Présence de la Samole qui aime les variations de l'éclairement et de l'humidité.Sous les surplombs, les venues d'eaux plus ou moins polluées descendant de la ville justifient la présence d'espéces dites nitrophiles, car amies des subtances azotées: Pariétaire et Echallium elaterium. Ce dernier, ou Concombre d'Ane, est parfois appelé " cornichon à réaction", d'aprés la forme de ses fruits et leur propriété de projeter à maturité leurs graines à plusieurs métres, comme une fusée.
Le second sentier descend vers l'estran au flanc de la falaise ébouleuse ensoleillée: d'où la présence d'une flore plus abondante et diversifiée.Egalement fort rare, nous trouvons ici une autre ficoïde (Mesembryanthemum nodiflorum et puis le Crithme, le Lotier faux-Cytise,le Séneçon cinéraire.
Outre l'Armoise arborescente et un arbuste nain à feuilles en aiguilles (Camphorosma monspeliaca), on admirera en mai les buissons blancs ou pourpre-violet de la Matthiole arbustive (M.incana) et les capitules dorés couvrant les coussinets sombres de l'Astérisque maritime, associés à beaucoup d'autres plantes amies de la lumière et de l'extrême sécheresse.
Plantée dans les jardins d'où ele s'est échappée, une autre Ficoïde, Carpobrotus edulis ("doigts de sorcière", vigoureuse plante "grasse", a tendance à recouvrir les rochers et à éliminer la flore autochtone.Celle-ci est encore plus menacée par les fourrés denses de Mauve royale (Lavatera arborea), qui privent totalement de lumière les plantes basses.

Au Phare de Pertusato

Le phare est construit au sommet d'une falaise perçée d'une grotte (d'où le nom de Pertusato: pertuis=ouverture)
Quitter Bonifacio par la D 58 puis la D 260 vers le phare de Pertusato à gauche. Sur le plateau calcaire,véritable causse, la vue est magnifique surtout le matin sur le falaises de Bonifacio.
La végétation est scultée par le vent. A côté des plaques d'Astérisque maritime et des formes prostrées du Romarin, de la thymélée hirsute et du Genêt de Corse, il faut examiner ici les coussins en hérisson de l'Astragale de Marseille, rare sur le plan national est localement abondante. Une sous-espéce à feuilles trés courtes (moins de 1 cm) de l'Immortelle d'Italie 'Helichrysum italicum sugsp.microphyllum) n'existe en france qu'autour de Bonifacio.
Dans ce secteur, on pourra rencontrer la trés rare Crucifére endémique Morisia monanthos, plante protégée à respecter absolument.La Morisia enfouit ses fruits dans le sol aprés maturation comme le Tréfle enterreur vu à la Trinité ou la Cymbalaire des murailles.
Continer à gauche vers l'embarcadére des îles Lavezzi, environ 500 m au nord de la ponite de Sperone.On franchit sur cette route la limite entre calcaire (repérable par les murets) et le granite.
Du phare, marcher 10 mm vers l'est jusqu'a une ria, la Cala Fiumara. Selon la régle la végétation est d'abord prostrée sous l'influence des vents chargés d'embruns mais on y trouve de nombreuses plantes littorales notamment l'Astragale de Marseille. Puis dans le vallon abrité, les végétaux sont de plus en plus haut et sont présents: Ciste de Monpellier, Romarin, Anémone mauve à grandes fleurs étoilées (A.hortensis), Liseron à grandes fleurs roses (Convolvulus althaeoides). Et sur les argiles de décalcification apparaissent diverses plantes calcifuges, comme la délicate Linara pelliceriana. Cette garrigue héberge une faune d'insectes (papillons,coléoptères,hyménoptères) et d'avifaune (oiseaux) trés riche

Autour de l'étang de Piantarella

- De l'embarcadère des Lavezzi se diriger vers le sud, le long de la côte.On observe d'abord un granite rose trés altéré. Sur les corniches, avec le Crithme, un petit Ail pâle (ressemblant à l'espéce décorative Ail roseum) n'est autre qu'une varitété (var.insulare) endémique de Corse et de la toute proche Sardaine. On longe ensuite l'étang de Piantarella, limité par un cordon sableux.La plage est envahie par d'épais dépots de feuilles séches de Posidonie sur lesquels se fixe l'Obione et la Betterave maritime. Un peu plus haut Cakile, Calystegia soldanella, Chardon bleu, Crepis bulbosa, Diotis Lagure et Siléne soyeux se partagent l'espace.
En marge de l'étang apparaissent des groupements typiques d'halophytes: l'Obione est assiciée à diverses Salicornes ligneuses, à Inula crithmoides, à des joncs marins (Juncus acutus,J.maritimus), au Triglochin barrelieri. C'est aussi dans cette zone que s'effectue le passage du granite au calcaire sur lequel sont conservées des ruines romaines.
Le maquis à sans doute succédé à une forêt de Genévrier de Phénicie, dont il ne reste ici que quelques petits individus, mais qui couvrait autrefois les environs de Bonifacio: le bois de cet arbre(il peut atteindre 8 m) forme les charpentes et les poutres au-dessus des portes de la vieille ville.

- En contournant les ruines romaines,
le plateau et ses environs recélent une végétaion remarquable par la richesse et la diversité de sa flore. Jugez-en plus tôt par cette palette de couleur au printemps quand s'épanouissent les Orchidées (parmis les nombreuses espéces): l'un des plus spectaculaire est l'Orxhis papillon (O.papillonacea subsp.grandiflora), les Asphodéles rosés, l'Anthyllis vulnéraire (representé par la sous-espéces praepropera à gros capitules rouges), les lavandes violettes (Lavandula staechas), les étoiles blanches de l'Allium subhirsutum, les fragiles corolles bleues de l'Iris sisyrinchium, au ras du sol les tapis pourpres de l'Hedysarum glomeratum, parfois une Romulée mauve (Romulea ligustica), un peu plus tard les ombelles jaunes du Kundmania sicula, étroitement localisée en Corse sur le calcaire de Bonifacio. Parmi bien d'autres plantes, remarquer les robustes touffes épineuses du Cynara cardunculus, composée méditerranéenne voisine de l'Artichaut dont ele serait peut-être l'ancêtre: ses gros capitules bleu-violet s'épanouissent en plein été.
En bord cette plage minuscule et unique, le site est particulièrement fragile en raison de sa faible étendue, de sa situation trés abritée et de la qualité excemptionnel de son sable ( caractères trés attractifs por les "vacanciers" qui resque bientôt de s'y concentrer. Cette flore originale est-elle irrémédiablement condamnée? On peut le craindre
Aux espéces classiques des sables littoraux s'ajoute notamment un trés rare Arméria (A. pungens), légalement protégé. On crait le pire hélas pour Erodium corsicum et deux autres espéces encore plus rares: Anthyllis barba-jolis et la curieuse Scolopendre des rochers maritimes méditerranéens ombragés, (Asplenium sagittatum) peut-être même déjà disparue.

- En remontant vers le plateau de Sperone en quelques métres on atteint le Golf (parcours olympic) la flore analogue a celle des ruines romaines est en sursis......En mai les brillantes floraisons de l'Astérisque maritime, en juin les étoiles roses de la Bruère de mer ( Frankenia laevis), en été les hampes violettes du Limonium obtusifolium. Le projet d'urbanisation du plateau met aussi en péril l'endémique cyrno-sarde Artemisia densiflora.

Les îles Lavezzi

A 3,7 km de la punta Sperone, au sud-est, émergent l'île Lavezzi (66 hectares) et de centaine d'îlots qui l'entourent;Cette réserve naturelle est l'extrême sud de la Corse, partie la plus méridionnale de la France.La flore des Lavezzi comporte un noyau d'endémiques particulièrement important. On peut y découvrir entre autres: